Vers un accord de la gauche radicalePARIS — Plusieurs partis de gauche parmi lesquels le PCF, le NPA et le Parti de Gauche, se sont retrouvés lundi soir pour discuter des élections régionales de mars et sont convenus de se retrouver le 7 octobre pour élaborer un "calendrier" en vue de parvenir à un accord.
Il s'agit d'un "premier pas" qui "est important car les enjeux de ces élections sont non seulement régionaux mais nationaux", affirment dans une déclaration commune le NPA, le PCF, le Parti de Gauche (PG), la Fédération pour une Alternative sociale et écologique (FASE), Gauche unitaire (GU), Les Alternatifs, le Parti communiste des Ouvriers de France (PCOF).
La prochaine rencontre, fixée au 7 octobre, "aura pour première tâche d'élaborer un calendrier qui permettra d'organiser les discussions sur tous les points à régler afin de trouver un accord".
Les signataires relèvent qu'"à ce stade", il y a "des approches différentes" entre eux qu'ils n'"ont pas esquivées" dans le débat. "Nous ne pouvons préjuger des décisions souveraines de chacun de nos partis", mais "nous décidons de constituer un cadre politique national de discussion commun en vue de vérifier la possibilité d'aller ensemble aux régionales", affirment-ils.
Ces organisations relèvent "un nouveau glissement à droite de la gauche d'accompagnement avec la tentative de construction d'une coalition de centre-gauche PS/Modem/Europe Ecologie et le projet de primaires". "Les forces qui composent la gauche antilibérale et anticapitaliste ont le devoir de tout faire pour battre la droite et offrir une autre voie".
Lutte ouvrière a assisté à la rencontre au titre d'observateur.
Succès du Bloc de gauche au Portugal....
Les élections législatives de dimanche au Portugal ont changé le panorama politique. Le Parti Socialiste, qui en 2005, avec 45% de voix, avait eu la majorité absolue de députés, a maintenant perdu plus d’un demi-million de voix et tombe a 36,56%. Même en étant le vainqueur, il est en minorité au Parlement. C‘ est la seule force politique qui a perdu des mandats par rapport à 2005 (96 contre 121). Le PC est passé de 3ème à 5ème force politique.
Le Bloc de Gauche est la force qui a le plus augmenté par rapport à 2005: plus d’un demi-million de voix (557109) dans un pays de un peu plus de 9 millions d’ électeurs, 192679 de plus que en 2005. Il passe de 5ème à 4ème force politique (en étant la 3ème dans un grand nombre des principales villes). Au niveau national/global, le score est passé de 6,38% à 9,85% et le nombre d‘ élu(e)s de 8 à 16. En plus, tandis qu’en 2005, les député(e)s élus venaient des circonscriptions de Lisbonne (4), Porto (2) et Setúbal (2), cette fois-ci nous avons des élu(e)s dans 9 des 20 circonscriptions : 1 élu(e) à Aveiro, Braga, Coimbra, Leiria, Santarém et Faro, une élue de plus à Porto et à Lisbonne. En tout, 6 femmes et 10 hommes.
Le Bloc pèsera dorénavant encore davantage dans la vie politique portugaise et dans les luttes à venir. Au Parlement, avec ses 16 élu(e)s mais aussi et surtout dans les luttes, puisque nous avons eu la confiance de plus d’ un demi-million de voix, ce qui est le résultat d’une campagne intense, de contacts permanents avec les travailleurs et les secteurs populaires et d’ un programme anti-capitaliste clair avec des propositions concrètes et alternatives face à celles du PS et du PSD.
Le trois objectifs que le Bloc s´était imposé pour cette campagne se sont tous accomplis : 1) empêcher une nouvelle majorité absolue; 2) augmenter le nombre de voix par rapport à 2005; 3) augmenter le nombre d’ élus...
Au Parlement, le Bloc et le PC ont ensemble 31 élus, représentant plus de 18% des voix. Jamais à la gauche du PS un résultat pareil ne s´était produit.
Le PS, en minorité au Parlement, va être obligé de choisir de faire passer ou des propositions à gauche, comme celles que nous présenterons et qui découlent de notre programme et de notre mandat- entre autres, par exemple, abroger la loi du travail, imposer un impôt sur les grandes fortunes pour financer la sécurité sociale - ou bien de s’allier à la droite réactionnaire que le PP représente.
percée de la gauche radicale
Le résultat des élections législatives du 27 septembre est contrasté. D’un part, la droite obtient une majorité claire et va pouvoir former un gouvernement appuyé sur une coalition entre chrétiens-démocrates (CDU) et libéraux (FDP). Mais d’autre part, la gauche radicale, représentée par Die Linke, est en nette progression avec 12,5% des voix (8,8% aux élections de 2005), passant devant les Verts.
Avec une perte de 11,2%, la social-démocratie essuie sa plus grave défaite à une élection législative depuis la fin de la guerre, son score de 23% étant le plus faible depuis 1949. Elle a perdu 4,5 millions de voix sur 45 millions de votants, dont 1,6 million ont été du côté de l’abstention, 780 000 à Die Linke, 710 000 aux Verts et 620 000 au CDU. Elle est la première responsable du nouveau record d’abstention (70,8% de votants). Avec ce score, la social-démocratie allemande est retombée dans le « ghetto des 30% », dont Willy Brandt l'avait sortie en 1972. Dès le soir des élections, la jeunesse social-démocrate a réclamé un changement de cap.